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Présentation du site
Données stratigraphiques La séquence stratigraphique a fait l’objet d’une description détaillée par Morgane Liard. La première couche présente une couleur brune et une macro-porosité héritée de l'usage cultural de cet horizon. De nombreux éléments grossiers, absents dans les couches inférieures (excepté les éclats de silex), ont été intégrés au sédiment, probablement à la suite d’amendements (la couleur du sédiment indique un apport en matière organique). Il s'agit de morceaux de brique, de débris calcaires ou encore de fragments de tessons vernissés d'époques récentes. On peut parler d'horizon de labours, dont la limite avec la couche inférieure est soit très nette soit ondulée, suivant que matériel de la couche 2 ait été remonté ou non, lors d'un labourage un peu plus profond. La couche 2 est texturalement
identique à la couche 1, mais parait plus carbonatée. La
fraction grossière du sédiment est constituée d'un
sable quartzeux ferrugineux. Les analyses granulométriques ont montré
qu’elle est majoritairement argileuse et secondairement limoneuse puis
sableuse. Cette couche présente de nombreuses taches d'oxydation,
de couleur orange. Cette caractéristique permet d'évoquer
un horizon dit bariolé. De telles dénominations sont
employées par les pédologues pour les traits d'hydromorphie
reconnus dans les sols. Il est possible d'évoquer une ségrégation
du fer de type rédoxique dans cette couche, on y observe en effet
des juxtapositions de plages, de traînées grises et de taches
de couleur rouille. Ces traits, pour se former, nécessitent une
alternance de périodes de saturation en eau et de non saturation
de l'horizon.
Sondages et fouilles de 1998, 1999 et 2001 Les sondages
de 1998 ont été effectués dans un axe Est/Ouest.
Au total, 5 carrés de 1 m² ont été fouillés
sur une aire de près de 30 m². Il y fut constaté des
différences
nettes de densité en vestiges lithiques et la présence
de la totalité de classes de taille des vestiges, dans les carrés
les plus riches, avec une abondance d'esquilles. Cette situation suggérait
des déplacements horizontaux réduits sur une surface
topographique pratiquement horizontale
En 2001,
l’aire fouillée en 1999 a été étendue dans
le secteur où les densités de matériel était
les plus fortes (carrés D-9/12, E-10/12 et F-9). Cette première
phase de la fouille a permis de délimiter les limites de concentration
du matériel qui se réduit fortement vers le Nord.
Il fut décidé d’observer la nature des indices rencontrés. Un sondage fut donc effectué dans les carrés F-97/99, E-98 et G-98, en limite de la zone de plus forte concentration de tests positifs. Il permit de confirmer la séquence stratigraphique observée auparavant et de mettre en évidence un autre type de concentration de vestiges : une forte densité de dalles de calcaire siliceux (calcaires lacustres de la limite Ludien supérieur/Stampien inférieur) adossées les unes contre les autres fut découverte. Ils sembleraient provenir de quelques dizaines de mètres vers la pente qui limite le plateau, où les calcaires et meulières tertaires sont naturellement en affleurement. Le
démontage des dalles mises au jour lors du décapage et la
fouille de deux ¼ de mètres carrés (A et B) du carré
F-97, a permis de mettre en évidence deux niveaux de dalles,
entre lesquelles s’intercale un niveau de moins de 10 centimètres
de vestiges lithiques en position horizontale. La cryoturbation ne
semble pas avoir affecté les vestiges de cette zone.
Les
résultats des fouilles de 2003 et 2004
La
fouilles
de 9 m² adjacents à la zone sondée en 2001 permet
d'obtenir une meilleure vision de l'extension de la structure et des zones
de densité de silex.
![]() La Picardie 2003, fin du premier décapage de la couche 2, vu du côté Sud. Les éclats et outils de silex ont déjà été relevés. Il ne reste plus que la structure de blocs en calcaire siliceux, à l'exception de ceux retirés de la zone sondée en 2001 (carrés en forme de croix, plus clairs sur la photo). Les opérations de 2003 et
2004 ont permis de récolter plus de
3860 vestiges lithiques coordonnés
spatialement (et probablement plus de 10 000 pièces si on inclut
tous les artefacts inférieurs à 2 cm). Il est encore trop
tôt pour tirer des conclusions définitives sur la répartition
des silex. Néanmoins, malgré quelques perturbations (intrusions
de racines), les concentrations restent lisibles. Il semblerait que ce
soient de véritables amas de débitage (comme sur le
gisement solutréen des Maîtreaux), puisque la répartition
horizontale des silex se présente sous la forme de "nappes".
Un
premier travail de recherche de raccords et remontages sur le matériel
issu des opérations de 2001 et 2003 a été entrepris
peu avant la fouille de 2004.
109 liaisons ont été
ainsi effectuées.Ce sont surtout des raccords de pièces cassées.
Les véritables
remontages ont été beaucoup
plus difficiles à mettre en œuvre à cause de différents
problèmes. Tout d’abord, la très grande homogénéité
des aspects de surface des pièces et de la matière première
(silex du Turonien supérieur) rend difficile les rapprochements.
De plus, certains mètres carrés n’étant pas, à
l’époque, complètement fouillés, des pièces
manquaient certainement. Néanmoins, plusieurs éléments
ont pu être remontés, mais il ne correspondent pour l’instant
qu’à de très petites séquences comportant au mieux
5 pièces. Ce travail sera donc poursuivi et complété.
La
majorité des blocs de calcaire siliceux ne sont pas directement
associés aux concentrations lithiques, mais se situent en position
sus-jacentes. Cependant, certains (de plus petits calibres) se retrouvent
parfois intimement mêlés aux concentrations mais il faut rappeler
que cette position peut-être le fruit de phénomènes
géologiques liés aux conditions périglaciaires. A
l’exception des blocs brûlés qui semblent nettement
se situer dans la partie inférieure du niveau à silex, les
blocs siliceux ne semblent donc pas en « relation directe »
avec l’occupation préhistorique datée du Gravettien. Il est
donc délicat pour l’instant de se prononcer sur l’interprétation
de ce niveau de blocs. Plusieurs hypothèses peuvent
être envisagées :
- Cette accumulation résulte de phénomènes naturels liés aux conditions périglaciaires. Néanmoins, l’hypothèse d’une remontée de ces blocs d’un substrat plus profond peut être éliminée. en effet, les sondages à la tarrière et un sondage profond en F97 semblent exclure cette possibilité. De plus, si tel était le cas, il serait fréquent de rencontrer des silex au dessus des blocs alors que ce n’est que très rarement le cas. -
Ces blocs auraient été apporté par des hommes. A ce
jour aucun de ces blocs ne présentent de traces d’aménagement
anthropique et nous ne pouvons affirmer qu’ils correspondent bien à
un niveau d’occupation culturel. Mais si c'était le cas, cet apport
aurait pu être postérieur à une première occupation
correspondant au dépôt d'une partie des silex. Cela impliquerait
que nous sommes confrontés à plusieurs occupations successives
dans le temps.
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Certains blocs pourraient déjà avoir été apportés
à l'occasion d'une première occupation, puis déplacés
et réemployés à l'occasion d'une ou plusieurs occupations
postérieures.
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Les blocs auraient pu être empilés (formant la base d'une
structure périssable) et seraient tombés sur les silex postérieurement
à l'abandon du gisement. Cette hypothèse nous paraît
difficilement soutenable en l'état actuel de nos connaissances.
Les blocs, vu leur poids et leur éloignement respectif, semblent
disposés d'une façon qui ne peut véritablement correspondre
à ce scénario.
Quoiqu'il en soit, il nous semble encore difficile de proposer une véritable interprétation de cet (ou ces) assemblage(s).
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